← News

Bong : c'est quoi, comment ça marche et ce que l'eau filtre vraiment

Bong : c'est quoi, comment ça marche et ce que l'eau filtre vraiment

Par la rédaction Golden HighMis à jour le 25 octobre 20268 min de lecture

Accessoires

Un bong, qu'on appelle aussi « bang » en France, est une pipe à eau : la fumée produite par la combustion traverse de l'eau sous forme de bulles avant d'être inhalée, ce qui la refroidit et la rend plus douce en gorge. Mais l'eau filtre mal : une étude de la MAPS et de NORML Californie a mesuré environ 30 % de goudrons en plus par unité de cannabinoïdes qu'avec un joint sans filtre. Voici comment fonctionne un bong, ce qu'il change vraiment, ses risques et comment l'entretenir.

+30 %de goudrons par cannabinoïde vs un joint
×4de particules fines vs une cigarette (2022)
90 minaprès : encore la moitié du pic de particules
12 haprès : particules à 10× le niveau de fond
Le classique

Feuilles OCB Premium

Un papier ultra fin en fibres végétales, à la combustion lente et au goût neutre.

À partir de0,90 €Voir la fiche →
La préparation

Grinder Metal Weed Gold

Quatre étages en métal doré avec tamis et ramasse-pollen, pour une mouture régulière.

À partir de8,90 €Voir la fiche →

La définition

Le bong, une pipe à eau.

Pour l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), le mot bang (ou bhang, bong) désigne le plus souvent une pipe à eau utilisée pour fumer du cannabis, fabriquée par l'usager ou achetée dans le commerce. Le terme vient d'un mot thaï désignant un tube de bambou. En France, on dit plus volontiers « bang » ; ailleurs, « bong » s'est imposé.

Le principe est vieux comme les pipes à eau : faire passer la fumée à travers un liquide avant de l'inhaler. Ce qui a changé, ce sont les matériaux (verre, silicone, acrylique) et les accessoires, comme les percolateurs, qui multiplient les bulles.

  • Ce que fait l'eau : elle refroidit la fumée et la rend moins agressive en gorge.
  • Ce qu'elle ne fait pas : elle ne rend pas la fumée « saine ». Les goudrons et le monoxyde de carbone passent en grande partie.
  • Ce que ça change : une fumée plus froide s'inhale plus profondément et en plus grand volume.
  • Son cadre en France : la vente de pipes à eau est légale, tant qu'il n'y a pas de provocation à l'usage de stupéfiants.

Le fonctionnement

Comment fonctionne un bong, pièce par pièce.

Tous les bongs reposent sur la même mécanique : une dépression créée par l'aspiration tire la fumée du foyer vers l'eau, puis vers la cheminée. Pour comprendre « comment utiliser un bong », il faut d'abord connaître ses pièces.

Le foyer (ou douille)
Le petit bol où se consume la matière
La tige plongeante
Le tube qui descend du foyer et trempe dans l'eau
Le réservoir
La partie basse qui contient l'eau
La cheminée
Le tube vertical où la fumée refroidie s'accumule
Le carb (ou kick)
Un trou d'air, ou le foyer amovible, pour dégager la cheminée
L'embout
L'ouverture du haut, où l'on aspire

Quand on aspire par l'embout, l'air est tiré à travers le foyer : la matière se consume, la fumée descend par la tige, barbote dans l'eau, remonte et remplit la cheminée. En ouvrant le carb ou en retirant le foyer, on laisse entrer de l'air frais qui chasse d'un coup la fumée accumulée. C'est ce « coup » concentré qui fait la réputation du bong, et aussi son principal risque : une grosse bouffée inhalée d'un seul trait.

Un bong ne se partage pas comme un objet anodin : l'embout passe de bouche en bouche et l'eau stagnante accueille vite des micro-organismes. Changer l'eau à chaque session et garder son propre embout sont des réflexes d'hygiène de base.

Les familles

Verre, silicone, percolateur, gravity : les différents bongs.

Type Principe Points forts Points faibles
Verre Le modèle de référence Neutre en goût, se nettoie bien, on voit l'encrassement Fragile, lourd
Silicone Corps souple, souvent démontable Incassable, voyage bien Peut retenir les odeurs
Acrylique Plastique rigide Très bon marché Se raye, vieillit mal, goût moins neutre
Céramique, bambou Matériaux traditionnels Esthétique Opaque : difficile de voir s'il est propre
À percolateur Une ou plusieurs chambres qui divisent la fumée en fines bulles Fumée plus froide et plus douce Plus dur à nettoyer, tirage plus lourd
Gravity bong Une bouteille qui monte ou descend dans l'eau pour aspirer la fumée — Souvent artisanal, en plastique : le plus risqué

Le percolateur est la pièce qui distingue les bongs haut de gamme : un diffuseur en verre (en arbre, en nid d'abeille, en dôme) qui éclate la fumée en une multitude de petites bulles. Plus de contact avec l'eau, donc une fumée plus froide. Pas une fumée plus propre pour autant, comme on le verra plus bas.

Gravity bong et bangs artisanaux : Drogues Info Service est très clair. Les bangs bricolés avec des bouteilles en plastique ou des canettes produisent, sous l'effet de la chaleur, des fumées acides très toxiques, qui peuvent entraîner des complications graves : crachats noirs, hémorragie pulmonaire. Sa recommandation : ne pas utiliser de bangs artisanaux.

Ce que disent les études

L'eau ne filtre pas tout, loin de là.

L'idée que « l'eau filtre la fumée » est la plus répandue sur le bong. Elle est en partie vraie pour la température, beaucoup moins pour la toxicité. Voici ce que montrent les travaux disponibles.

MAPS & NORML Californie

L'étude de Dale Gieringer compare joints, pipes à eau et vaporisateurs. Résultat inattendu : le bong délivre environ 30 % de goudrons en plus par unité de cannabinoïdes qu'un joint sans filtre. L'eau retient aussi une partie des cannabinoïdes, qui sont collants : on fume davantage pour obtenir le même effet. Limite : l'herbe utilisée ne dosait que 2,3 % de THC.

JAMA Network Open · 2022

Des chercheurs de Berkeley ont mesuré les particules fines (PM2,5) lors de 8 sessions de bong dans un salon de 20 m². Moyenne : 1 300 µg/m³, environ quatre fois plus que les niveaux mesurés pour la cigarette ou la chicha dans des études antérieures. 90 minutes après, le niveau restait à la moitié du pic ; lors d'une session suivie 12 heures, il était encore à plus de dix fois le niveau de fond.

Revue de pneumologie clinique · 2016

Des pneumologues de Brest décrivent le bang comme un mode de consommation fréquent et dangereux : effets intenses et rapides, et des complications spécifiques, notamment des crachats de sang, possiblement liées au volume de fumée inhalé et à la combustion des parties en plastique.

Drogues Info Service

Toux, bronchite chronique, lésions des voies respiratoires : ces risques du cannabis fumé augmentent avec le tabac et avec l'usage du bang ou du narguilé.

Autrement dit : le bong adoucit la sensation, pas la fumée. Et son fonctionnement pousse à inhaler de plus gros volumes, plus profondément. Références complètes en bas de page.

Le bilan

Ce que le bong apporte, ce qu’il coûte.

  • Une fumée plus fraîche, moins irritante en gorge sur le moment.
  • Pas de papier ni de tabac : on ne brûle que la matière.
  • Un goût souvent plus net avec un bong en verre propre.
  • Plus de goudrons par effet obtenu qu'un joint sans filtre, selon l'étude MAPS-NORML.
  • De grosses bouffées d'un coup, donc un effet plus brutal et plus difficile à doser.
  • Beaucoup de particules fines dans la pièce, qui touchent aussi les personnes présentes.
  • Un objet encombrant, fragile, qui s'encrasse vite et se partage mal.

Si tu cherches surtout une fumée moins agressive, le bong n'est pas la seule réponse. On a comparé les différents modes de consommation dans comment consommer fleurs et résines, et les enjeux de la vape dans vaper des cannabinoïdes : ce qu'il faut savoir.

L'entretien

Nettoyer un bong sans se prendre la tête.

Un bong sale n'est pas seulement désagréable : l'eau croupie et les résidus goudronneux donnent un goût âcre et entretiennent des dépôts. Voici la routine la plus simple pour un bong en verre.

1

Changer l'eau

À chaque session, sans exception. Vide, rince à l'eau claire, laisse égoutter.

2

Démonter

Sépare le foyer et la tige plongeante : ce sont les pièces qui s'encrassent le plus vite.

3

Alcool et gros sel

Verse de l'alcool isopropylique et une poignée de gros sel dans le réservoir, bouche les ouvertures et secoue : le sel agit comme un abrasif doux.

4

Rincer et sécher

Rince abondamment à l'eau chaude jusqu'à ce que l'odeur d'alcool disparaisse, puis laisse sécher à l'air.

Pour un bong en silicone, un passage à l'eau chaude savonneuse suffit souvent. Évite l'alcool sur l'acrylique, qu'il peut abîmer.

Et si tu ne veux pas de bong ?

Les alternatives au bong.

Pas de bong ? Tu n'en as pas besoin pour apprécier une fleur. Le plus important se joue en amont : une matière bien broyée brûle plus régulièrement. Un grinder métal 4 étages fait déjà une vraie différence, et on explique comment le choisir dans notre guide des grinders.

Pour rouler, un papier fin et neutre comme les feuilles OCB Premium laisse passer le goût de la fleur sans le masquer. Et pour composer ton set, jette un œil à notre collection accessoires et à notre sélection 5 accessoires qui changent vraiment ton expérience.

Réduction des risques : quel que soit le mode de consommation, commence par de petites quantités, ne consomme pas si tu te sens fatigué ou anxieux, ne prends jamais le volant après et évite de fumer dans une pièce où se trouvent d'autres personnes, surtout des enfants. Réservé aux majeurs.

Vos questions

Ce qu'on nous demande sur le bong.

C'est quoi un bong ?

Un bong, ou bang, est une pipe à eau : la fumée traverse de l'eau sous forme de bulles avant d'être inhalée, ce qui la refroidit. Le mot vient d'un terme thaï désignant un tube de bambou.

Quelle est la différence entre un bong et un bang ?

Aucune : c'est le même objet. « Bang » est l'usage courant en France, « bong » l'usage international.

Est-ce que l'eau du bong filtre la fumée ?

Elle la refroidit, mais filtre mal. Une étude de la MAPS et de NORML Californie a mesuré environ 30 % de goudrons en plus par unité de cannabinoïdes qu'avec un joint sans filtre, car l'eau retient aussi une partie des cannabinoïdes.

Comment fonctionne un bong ?

L'aspiration par l'embout tire l'air à travers le foyer : la fumée descend par la tige plongeante, traverse l'eau, remplit la cheminée, puis est chassée d'un coup quand on ouvre le trou d'air ou retire le foyer.

C'est quoi un gravity bong ?

Un dispositif où une bouteille monte ou descend dans l'eau pour aspirer la fumée. Il est souvent bricolé en plastique, ce que Drogues Info Service déconseille formellement : chauffé, le plastique dégage des fumées très toxiques.

Le bong est-il moins dangereux qu'un joint ?

Pas selon les données disponibles : plus de goudrons par effet obtenu, de grosses bouffées inhalées profondément et beaucoup de particules fines dans la pièce. La sensation est plus douce, pas la fumée.

Est-il légal d'acheter un bong en France ?

Oui : la vente de pipes à eau est légale tant qu'il n'y a pas de provocation à l'usage de stupéfiants. Ce qui compte légalement, c'est ce que l'on consomme dedans.

À quelle fréquence nettoyer un bong ?

L'eau se change à chaque session. Un nettoyage complet à l'alcool isopropylique et au gros sel s'impose dès que le verre se ternit ou que le goût devient âcre.

Sources

Les références citées dans cet article.

  1. OFDT. Glossaire : Bang.
  2. Gieringer D., MAPS / California NORML. Marijuana Water Pipe and Vaporizer Study.
  3. Nguyen P.K., Hammond S.K., JAMA Network Open (2022). Fine Particulate Matter Exposure From Secondhand Cannabis Bong Smoking.
  4. Paleiron N. et al., Revue de pneumologie clinique (2016). Le « bang » de cannabis, un mode de consommation original, fréquent et dangereux.
  5. Drogues Info Service. Le dico des drogues : Cannabis.
  6. Drogues Info Service. Vos questions, nos réponses : Pipe à eau.
Kõik Delta-P kohta: täielik juhend →